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Comme nous l’expliquions dans une article de novembre 2004, l’Union Européenne qui souhaite favoriser la culture de bananes des pays « ACP » (Afrique, Caraïbe, Pacifique) avait annoncé, par la voix de son commissaire, M. Lamy, son intention de remplacer son système de préférence fondé surtout sur des quotas (condamné par l’OMC), par un système de taxes à l’importation (dont seraient dispensés les les pays ACP).
Selon un article de Caribbean Net News, ce nouveau système, qui prévoyait une taxe à l’importation de 230 € par tonne, n’a pas trouvé grâce aux yeux des trois "arbitres" de l’OMC qui devaient se prononcer sur le sujet, suite à la plainte déposée par neuf pays d’Amérique du Sud.
Une des règles de l’OMC (dont M. Lamy doit assurer la présidence à partir du 1er septembre 2005) est d’assurer la non-discrimination entre les partenaires commerciaux et l’« accès total » au marché. Le comité d’arbitres, réuni à Genève le 1/08/05, a jugé que le niveau de la taxe envisagée ne le permettait pas.
Une nouvelle négociation doit donc s’engager, à la satisfaction des exportateurs d’Amérique du Sud qui ont annoncé ne pas envisager une taxe dépassant 75 €. De leur côté des pays comme le Cameroun ou la Côte d’Ivoire ont fait savoir qu’une défaite de l’Union Européenne sur cette question ne manquerait pas d’avoir de graves répercussions sur les pays ACP où des centaines de milliers de personnes dépendent de la production de bananes. Même inquiétude dans les îles des Caraïbes, où la production sur des petites surfaces et dans des conditions souvent difficiles est nettement plus coûteuse que chez les voisins du continent.
En 2004, les pays ACP ont fourni aux pays de l’Union Européenne 786,000 tonnes de bananes. Les exportations, vers l’Europe, des autres pays producteurs représentaient un peu plus de 3 millions de tonnes.