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Le congrès qui aurait dû célébrer le cinquantième anniversaire de la fusion de l’AFL (American Federation of Labor) et du CIO (Congress of Industrial Organizations) a été marqué par la sécession de deux syndicats majeurs.
Illégal jusque là, le syndicalisme américain légal s’est constitué dans les années 30, en partie grâce à une sorte d’alliance avec le parti démocrate, par la constitution de l’AFL. En 1935, une scission est intervenue avec la création du CIO regroupant des syndicats radicaux. Affaibli par le MacCarthysme de l’après-guerre, le CIO fusionnait avec l’AFL en 1955.
Au cours des cinquante dernières années le syndicalisme a connu des succès (lire, par exemple, cet article du Monde Diplomatique sur la victoire des camionneurs contre l’UPS) mais aussi une érosion certaine. Alors qu’il regroupait un bon tiers des travailleurs dans les années 50-60, le taux global de syndicalisation est aujourd’hui de 12.5% (8% dans le secteur privé).
C’est la question de la stratégie à conduire pour enrayer ce déclin qui semble avoir provoqué la scission de ce mois de juillet 2005. Elle intervient en opposition à la ligne de John Sweeney, à la tête de la confédération depuis bientôt 10 ans, qui privilégie l’action politique. Elle a été menée par deux dirigeants aux traditions pourtant bien divergentes.
James P. Hoffa, fils du célèbre Jimmy Hoffa [1], qui dirige le syndicat des camionneurs est généralement considéré comme politiquement modéré et a, par le passé, soutenu des candidats républicains. Andrew Stern dirige, lui, le SEIU (Service Employees International Union). Il a soutenu la candidature de Howard Dean et est classé "à gauche".
Malgré leurs divergences, les dirigeants des deux syndicats , qui, associés à quelques autres, représentent le tiers des membres de l’AFL-CIO, jugent indispensable de ré-orienter la stratégie syndicale américaine, notamment en engageant un effort de réduction de la "bureaucratie" confédérale et une vigoureuse campagne d’adhésion dans chaque branche.
[1] La vie (et la mort) de Jimmy Hoffa a été l’objet de nombre de polémiques, de livres et même du film Fist dans lequel il était incarné par Sylvester Stallone