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L’idée d’une initiative de solidarité est née peu de temps après la canicule de 2003, qui avait mis en évidence les difficultés dans lesquelles se trouvaient de nombreuses personnes âgées, en particulier celles peu autonomes.
Cette idée que notre société devait leur être plus présente et leur offrir davantage d’assistance faisait assez facilement consensus, comme était aussi largement répandue l’idée que la politique gouvernementale de restriction budgétaire avait contribué à l’ampleur du drame.
Cela allait donner lieu, le 30 juin 2004, au vote, par les députés UMP, d’une loi visant à « assurer le financement des actions en faveur de l’autonomie des personnes âgées ou handicapées ». Cette loi a institué une contribution nouvelle pour les employeurs, fixée à 0.3% (de la masse salariale), qui va abonder une nouvelle caisse, créée à cet effet, la Caisse nationale de solidarité pour l’autonomie (CNSA) [1] . Cette contribution qui, pour l’année 2005 devrait s’élever, selon les calculs du ministère de l’Économie, à 2,1 milliards d’euros, est compensée (du point de vue patronal, s’entend) par l’instauration d’une « journée supplémentaire de travail non rémunéré pour les salariés ».
Par cette dernière mesure, le gouvernement et l’UMP décidaient donc de faire reposer l’essentiel de l’effort de solidarité sur les salariés, via un allongement du temps de travail, celui-ci qui était tombé à 1600 heures annuelles repassant à 1607 heures. Pas très agréable, mais pas surprenant non plus.
Pour enrober la chose, et probablement pour montrer que le gouvernement tirait la leçon de ses carences passées, était instituée en grande pompe une "journée de solidarité" (plus présentable qu’une "journée RTT en moins"). Cette journée, sauf accord préalable, était fixée par la loi au lundi de Pentecôte, traditionnellement férié.
Mauvaise pioche ! A la perte d’une journée "réduction du temps de travail" s’ajoutait la perte d’un jour férié. Pas étonnant que beaucoup ait décidé de dire, avec Jacques Prévert : « Dis donc camarade Soleil, tu ne trouves pas que c’est plutôt con de donner une journée pareille à un patron ? »
[1] La CNSA recevra en outre une part de la contribution sociale généralisée (0,1 point de CSG, soit 900 millions d’euros), et rassemblera les crédits d’assurance-maladie destinés aux personnes âgées (5,7 milliards d’euros) et handicapées (6,6 milliards d’euros).