Le pari ITER

vendredi 6 mai 2005.par Philippe Ladame
 
Le projet ITER a des airs de lendemains qui chantent. Mais ce pari technologique est-il le bon choix pour demain ?

Dans un communiqué du 5/05/05 le Ministre délégué à la Recherche, François d’Aubert « se félicite de l’accord technique conclu aujourd’hui à Genève après une réunion de travail entre Achilleas Mitsos, directeur général recherche à la Commission européenne et Tesuhisa Shirakawa son homologue japonais en charge du projet ITER ».

ITER signifie International Thermonuclear Experimental Reactor. Il s’agit, par ce projet, d’étudier la possibilité de la production d’énergie par fusion.

Comme l’explique Futura-Sciences.com, « la fusion nucléaire consiste à fusionner deux atomes légers pour créer un atome plus lourd, ce qui engendre une forte énergie mais pas de déchets car les produits de la fusion sont stables. Or, pour la réaliser sur Terre, il faut recréer dans un réacteur les conditions dans lesquelles la fusion se produit, c’est-à-dire à très haute température (100 millions de degrés) et à très haute pression. Cette expérience demande des performances technologiques colossales et par conséquent des coûts proportionnels . »

C’est parce que les coûts sont énormes [1] que différents pays se sont associés pour ce projet qui, selon le site officiel français « vise à démontrer la faisabilité scientifique et technique de l’énergie de fusion ».

Projet de recherche, donc, et non de production, puisque ce même site indique : « On peut raisonnablement estimer que les premiers kW électriques produits par un prototype de réacteur à fusion thermonucléaire puissent voir le jour à l’horizon 2050 ».

Le choix d’ITER est donc un pari : si ça marche, l’humanité disposera de quelques pôles dans le monde capables de produire une masse considérable d’énergie, pour longtemps [2].

Pari pas gagné, parce que les difficultés techniques sont si grandes que l’on peut douter de la rentabilité économique du procédé.

Pari risqué, car, même si ça marche techniquement, cela revient à aller vers un modéle énergétique concentré et toujours plus policier.

Pari optimiste, qui repose sur l’idée que nous avons le temps pour nous. Or rien n’est moins sûr.

La commission Energie des Verts a mis en ligne un dossier ITER.

[1] Le projet ITER est actuellement évalué à 10 milliards d’euros.

[2] Le Deutérium et le tritium, qui sont les deux isotopes de l’hydrogène destinés à fusionner, sont relativement abondants.

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