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Ainsi, Le Figaro publie un entretien avec Serge Prêtre qui était responsable de la sûreté nucléaire suisse au moment de l’accident.
Il raconte comment l’événement a été traité de manière sensiblement différente suivant les pays. « Je voulais comparer nos mesures en Suisse avec celles enregistrées en Allemagne, en Autriche, en Suède, etc. Mais je me suis aperçu alors que du côté de la France, il y avait un black-out de l’information. » explique-t-il, avant de poursuivre : « J’ai essayé plusieurs fois de téléphoner au SCPRI, mais je n’ai obtenu que des réponses évasives et M. Pellerin n’était pas joignable. Tout se passait comme si, par décision de principe, les informations sur la radioactivité ambiante ne seraient divulguées que sous forme interprétée. Ceci dit, le jugement scientifique du Pr Pellerin était correct et fut confirmé par la suite. La dose due au passage du fameux nuage fut nettement inférieure à la dose annuelle due au radon (naturel) dans les habitations ou à la dose due à une radiographie du thorax. Peut-être que le Pr Pellerin a pris consciemment le risque de faire une rétention d’information pour ne pas alarmer l’opinion publique française et éviter les réactions hystériques comme celles qui se sont développées en Allemagne. Dans un premier temps, la stratégie a réussi. À long terme, par contre, le boomerang n’en finit pas de revenir. »
De son côté, et dans le même ordre d’idées, le réseau Sortir du Nucléaire a publié une Chronologie d’un mensonge d’état , un historique qui parcourt 50 années d’information officielle sur le nucléaire.
Mais il est un autre aspect qui retient souvent l’attention, c’est le lourd tribut payé par les "liquidateurs". Il s’agit des personnes qui ont été envoyées sur le site pour contenir l’accident, puis tenter de minimiser la pollution.
L’agence de presse Novosti rapporte qu’ils étaient « plus de 200 000 ». Selon les chiffres de l’agence, à la fin de 2003, 22 998 d’entre eux, soit environ 12,3 %, étaient morts et seuls 2,5% des survivants étaient considérés comme « pratiquement sains », tous les autres étant invalides à des degrés divers.
Les dizaines de milliers de manifestants anti-nucléaires réunis à Nantes le samedi 23 avril 2005 n’ont d’ailleurs pas manqué de rendre hommage à ces "liquidateurs". En témoigne ce cliché :

l’une des photos qui illustrent le reportage de Brest-ouVert consacré à ce rassemblement au cours duquel les manifestants, rassemblés en une grande fresque humaine, ont écrit : Le nucléaire tue l’avenir : sortons-en !