![]() |
Depuis le 1er janvier les exportations vers les pays de l’Union Européenne de vêtements en provenance de Chine ont considérablement augmenté. Plus 63% pour les soutiens-gorge, 164% pour les T-shirts, 413% sur les pantalons pour homme et jusqu’à 534% pour les pull-overs.
Selon les chiffres de l’OMC [1], la Chine, qui produisait 17% du textile mondial en 2003, devrait atteindre le chiffre de 50% sous trois ans, tirant profit de ses moindres coûts de main d’oeuvre et de production.
L’inquiétude est grande dans certains pays européens qui voient leurs industries textiles à nouveau menacées, au point que le commissaire européen chargé du dossier, Peter Mandelson, a lancé une enquête sur 9 catégories de vêtements.
Il s’agit là d’une initiative de Bruxelles qui souhaite engager, pendant 60 jours, une série de "consultations informelles" et tenter d’obtenir de la Chine qu’elle prenne d’elle-même des mesures de limitation. A l’issue de ces deux mois, les pays européens pourraient recourir aux clauses de sauvegarde autorisées par l’OMC, en cas de sérieuses perturbations sur le marché : ces clauses prévoient en effet que les pays qui pourraient prouver de telles perturbations seraient autorisés à limiter l’augmentation des importations en provenance de Chine à 7.5% par an jusqu’en 2008.
Cette décision de ne pas faire jouer immédiatement la clause de sauvegarde est plutôt un motif de satisfaction pour la Chine. Celle-ci considère en effet, comme l’explique un responsable chinois cité par Xinhuanet.com, que « la libéralisation du secteur est une juste contrepartie à l’ouverture des marchés chinois. Les industries européenne et chinoise sont complémentaires, les produits de haute couture et les grandes marques européennes profitant de l’accès au vaste marché de la République populaire. »
Mais en France le point de vue est tout autre. « Une procédure devant l’Organisation mondiale du commerce est légitime » estime le ministre délégué à l’Industrie, Patrick Devedjian. « La situation est très grave », explique-t-il. « L’industrie textile française qui emploie environ 100.000 personnes, perdait déjà 10% d’emplois par an avant la fin des quotas. Selon une étude de l’Institut français de la mode, cela pourrait empirer d’au moins 7% -soit 7.000 emplois-cette année ».
[1] OMC : Organisation Mondiale du Commerce.