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Une dépêche Associated Press évoque la grève des médecins urgentistes entamée le 4/04/05.
L’Association des médecins urgentistes de France (AMUF), à l’origine de cette mobilisation et qui annonçait le chiffres de 80% de grévistes en moyenne nationale [1], a décidé de reconduire le mouvement mardi.
le Dr Patrick Pelloux, président de l’AMUF, a expliqué que le mouvement visait à obtenir des « moyens pour les urgences, pour pouvoir travailler dans de bonnes conditions et accueillir les patients correctement ».
Dans un entretien accordé à l’Humanité, il insiste sur le fait que le problème de moyens est indéniable et globale : « pour 2005, les experts avaient demandé une progression de 5 % de l’objectif national de dépenses de l’assurance maladie pour les hôpitaux, et que le gouvernement l’a fixée à 3,6 %, un déficit de ressources est ainsi déjà créé. Et la mise en place de la tarification à l’activité perturbe tout le système : on ne peut pas avoir une gestion de l’hôpital comme une entreprise. Là, on est en train de le casser complètement ».
Au problème de financement global s’ajoute la question, délicate elle aussi, de l’organisation générale des soins. Parfois, comme l’explique le Dr Hakim Cherifi, du service des urgences du CHU Saint-André à Bordeaux « plus de 50% des patients que nous accueillons ont plus de 75 ans. On n’a pas su anticiper le vieillissement de la population. Ca va s’aggraver dans les années qui viennent et on n’en tient pas compte ».
De manière générale, c’est le problème de la permanence des soins (PDS) qui est posé. Et, sur cette question, les antagonismes et les divergences n’épargnent pas les médecins, opposant souvent médecins libéraux et médecins hospitaliers. C’est dans un effort pour atténuer cette contradiction que l’AMUF, après avoir d’abord demandé un "Grenelle des urgences", réclame maintenant des "Etats généraux de la permanence des soins", une proposition accueillie diversement selon le Quotidien du Médecin qui, dans un article du 4/04/05 fait le tour des réactions que le mouvement des urgentistes provoque dans le milieu médical.
[1] Le ministère de la Santé estimait que la mobilisation était, en moyenne nationale, de 56% dans les Centres hospitaliers universitaires (CHU), et de 73% dans les hôpitaux généraux.