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Une dépêche Reuters du 7/03/05 évoque une étude franco-germano-suisse sur la qualité des eaux souterraines dans la vallée du Rhin supérieur, entre Bâle, en Suisse, et Mayence, en Allemagne, qui révèle que l’eau n’y est pas potable, « pour au moins un paramètre », sur 33% des 1.728 points de mesure.
Cette étude concerne l’une des plus importantes réserves d’eau naturellement potable en Europe. Elle met en évidence le fait que la pollution accumulée au fil des dizaines d’années passées a bien l’ampleur qu’on pouvait redouter et est essentiellement dûe aux activités agricoles.
En effet, comme le soulignent les premières conclusions publiées lundi à Strasbourg « Les paramètres concernés sont en large majorité les produits phytosanitaires et les nitrates ».
La moyenne des teneurs en nitrates [1] sur l’ensemble de la zone est de 28,9 milligrammes par litre (14,6 mg/l à Bâle, 26,9 mg/l en Alsace, 39,2 mg/l en Rhénanie-Palatinat) alors que la recommandation européenne pour l’eau potable est de 25 mg/l.
La limite de potabilité, fixée à 50 mg/l, est dépassée sur 17% des cas. Les trois Länder allemands concernés par l’étude (Rhénanie-Palatinat, Bade-Wurtemberg, Hesse) sont les plus touchés avec des dépassements sur 20 à 24% des points de mesure contre 12% en Alsace.
L’Alsace et la région bâloise sont en revanche les plus touchées par la pollution due aux produits phyto-sanitaires (herbicides et insecticides). On note en particulier un dépassement des seuils de potabilité pour l’atrazine (0,1 microgramme/l) sur 17% des points de mesure en France et 14% en Suisse [2].
Faute d’avoir pris des précautions, les yeux rivés sur les indicateurs de volume de production, nous avons, pendant des années, accumulé des pollutions durables. Referons-nous l’erreur avec les OGM et le nucléaire ?
[1] Ces nitrates sont des résidus des engrais agricoles ou des déjections animales.
[2] L’atrazine est un désherbant du maïs qui a été interdit en France en 2003 et avait été interdit en Allemagne dès 1991.