Ecoles : alléger pour mieux réussir

lundi 6 septembre 2004.par Philippe Ladame
 
Prenant le contre-pied d’affirmations récentes, l’économiste Thomas Piketty publie une étude qui démontre que les élèves, notamment les moins favorisés, réussissent mieux quand les classes sont moins chargées.

Le Monde daté du 5/9/04 détaille les résultats d’une étude qui montre qu’une réduction de la taille des classes dans les établissements défavorisés aurait un effet positif sensible sur les résultats.

Thomas Piketty a centré son étude sur les zones d’éducation prioritaire (ZEP), mise en place depuis 1982. En moyenne, les CE1 situés en ZEP comptaient, en 1998-1999, 21,9 élèves, soit un peu moins que ceux situés hors ZEP (23,3 élèves). Thomas Piketty a observé les résultats de ces élèves aux tests qu’ils ont passés à leur entrée en CE2, en septembre 1999 et les a comparés à ceux qu’ils auraient obtenus sans l’allégement des effectifs.

Dans la situation actuelle, les élèves scolarisés en ZEP répondent correctement aux questions qui leur sont posées en mathématiques dans 58,62 % des cas, et les autres dans 67,64 % des cas. Soit un écart de 9,02 points. A même nombre moyen d’élèves par classe (23,16) en ZEP et hors ZEP, l’écart aux tests d’évaluation de début de CE2 est plus élevé, de 9,94 points au lieu de 9,02 points.

L’économiste a ensuite simulé un abaissement, à budget constant, de la taille moyenne des classes de CE1 en ZEP à 18 élèves, ce qui suppose que celle des autres CE1 passe à 24,16 élèves. L’écart des résultats aux évaluations de CE2 tombe alors à 6,08 points : il est inférieur de plus de 30 % à ce qu’il est aujourd’hui, et de près de 40 % à ce qu’il serait si les ZEP n’existaient pas !

Fait remarquable, les élèves des classes aux effectifs légèrement plus élevés voient certes leur score baisser, mais très légèrement, puisque leur pourcentage de bonnes réponses aux tests de CE2 passe de 67,64 % à 67,43 %. "L’impact de la taille de la classe est dissymétrique : il est bien plus important pour les élèves issus de milieux défavorisés que pour les autres", explique M. Piketty.

Alors que, entre 1966 et 1999, le nombre d’élèves par classe est passé de 43,7 à 25,5 en maternelle, de 28 à 22,3 à l’école élémentaire, de 27,5 à 24,2 au collège et de 30,8 à 28,8 au lycée, on peut regretter que ce mouvement n’est pas été davantage mis à profit pour donner plus à ceux qui ont moins. Il n’est pas trop tard !

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