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Dans un communiqué du 27/01/05, le Réseau des élus et collectivités Hors-AGCS dénonce la partialité constante dont fait preuve l’OMC.
Citant Behind the scene at the WTO [1], il écrit : « les négociations à l’OMC se déroulent dans un climat de crainte. Bien qu’en théorie neutre, le secrétariat de l’organisation se met régulièrement du côté des pays dominants, les soutient en donnant des informations tronquées aux pays en développement et les désinforme sur les positions des autres pays du Sud. »
Le réseau Hors-AGCS met particulièrment en cause Rufus Yerxa, un des quatre adjoints du Directeur Général, et explique : « Par rapport aux autres institutions internationales, le Secrétariat de l’OMC est une relativement petite structure. Composé de 550 fonctionnaires, son budget annuel est de 154 millions de francs suisses (la contribution de la France pour 2004 s’élève à 5,39 millions d’Euro). Son rôle principal est d’apporter "un appui administratif et technique aux organes délibérants de l’OMC". Le secrétariat est dirigé par Un Directeur Général, épaulé par quatre directeurs généraux adjoints. Selon les statuts de l’OMC ( art 6 .4 ) "le Directeur Général et le personnel du secrétariat ne solliciteront ni n’accepteront d’instructions d’aucun gouvernement, ni d’aucune autorité extérieure à l’OMC". Mais dans la réalité quotidienne le secrétariat fait montre d’un parti pris flagrant en faveur des pays dominants. »
A l’occasion d’un lors de la réunion de la Coalition des Industries de Services à Washington, Rufus Yerxa s’exprimant « en tant que secrétaire général adjoint, chargé d’exprimer le point de vue des 148 pays membres de l’OMC », n’a pas hésiter à affirmer « J’estime que ma tâche est d’aider les autres membres de l’OMC à comprendre les perspectives américaines en matière de commerce » et à engager les industriels de services à poursuivre leurs efforts en expliquant : « Le fait est que l’AGCS est encore loin d’avoir accompli son potentiel. Il a obtenu quelques succès en matière de déréglementation et d’ouverture de marchés, mais il n’est pas encore l’instrument qu’il devrait être pour libéraliser le commerce des services au niveau mondial ».
Les efforts déployés par les uns et les autres s’expliquent par le fait que l’année 2005 devrait être assez décisive en matière de commerce international.
Elle se terminera en effet par la Conférence Ministérielle de Hong Kong (13-17 décembre 2005).
Aux Etats-Unis une conférence a été organisée, le 12 janvier, conjointement par le Département d’Etat au Commerce et la Coalition des Industries de Services, sur le thème « La libéralisation des services dans le Round de Doha : Les priorités des industries ».
Une date qui n’a pas été choisie au hasard, d’après le réseau Hors-AGCS, qui explique qu’une partie décisive se jouera au mois de février lors d’une session de négociation exceptionnellement longue ( 7-25 février ) : Les discussions s’annoncent houleuses. Les pays en développement ne se montrent guère pressés de déposer des « listes d’engagement de libéralisation ». De plus l’épineuse question des « marchés publics de services » menace de tourner à l’affrontement Nord-Sud. De nombreux pays du Sud, dont l’Inde, le Brésil, la Malaisie, l’Afrique du Sud... refusent le principe d’une « annexe sur les marchés publics de services ». À l’instar du Venezuela, ces pays considèrent que « les marchés publics sont des instruments de politiques publiques nécessaires pour promouvoir un développement équitable, démocratique et écologiquement durable ».
[1] Behind the scene at the WTO de Fatuma Jawara et Ailen Kwa (Edition : Z Books)