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Avant de se rendre à l’Elysée, deux membres éminents d’Europe-Écologie ont exprimé leur vision de ce que devrait être la taxe carbone dont il est beaucoup question ces temps-ci.
C’est dans La Tribune que Cécile Duflot (secrétaire nationale des Verts) et Jean-Paul Besset (député européen) ont expliqué la position qu’ils entendaient exposer à Nicolas Sarkozy
« La fiscalité peut être un outil puissant de réorientation écologique de l’économie ; la contribution climat-énergie - ou "taxe carbone" - en est l’un des éléments fondamentaux. Pour être socialement juste et écologiquement efficace, elle doit remplir plusieurs conditions. » expliquent-ils.
Cécile Duflot et Jean-Paul Besset plaident pour un montant élevé, estimant que le montant de 32 euros retenu dans le rapport Rocard était déjà le bas de la fourchette : en dessous « la contribution perd toute efficacité : elle alourdit la facture des plus modestes sans dissuader les comportements les plus énergivores de ceux qui en ont les moyens. »
Ils insistent pour que la contribution climat-énergie porte sur l’ensemble des gaz à effet de serre (GES), et pas seulement sur le CO2. « Il s’agit de prendre en compte notamment le méthane (18% des émissions de GES) ou le protoxyde d’azote (9% des émissions). L’agriculture et l’élevage, particulièrement concernés, doivent être partie prenante dans la lutte contre le changement climatique. De même, l’industrie ne doit pas échapper à la taxe tant qu’elle bénéficie d’un système de quotas gratuits : le principe du pollueur-payeur, qui seul permet d’encourager les changements, doit s’appliquer intégralement. »
Ils demandent que les consommations d’électricité entrent dans l’assiette de la contribution, faute de quoi celles-ci augmenteraient ce qui élèverait les pics de consommation (producteurs de GES par la mise en route de centrales thermiques).
Enfin ils affirment l’importance que le produit de la taxe carbone soit intégralement utilisé (par le biais de "chèques verts"), d’une part pour alléger les charges des personnes les plus exposées, d’autre part pour favoriser les conversions écologiques (isolation, renouvelables ...). « Il ne s’agit pas, pour nous, de "plus d’impôts", et encore moins sur les plus fragiles, mais de "mieux d’impôt", afin de changer à la fois nos modes de vie et de redistribuer du pouvoir d’achat à celles et ceux pour lesquels la situation est aujourd’hui la plus difficile, et qui sera plus difficile encore si l’on ne fait rien. »
« Il est trop tard pour esquiver nos responsabilités, trop tard pour reporter une fois encore les décisions douloureuses sur celles et ceux qui viendront après nous. Il faut des actes, maintenant. » concluent-ils.