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Dans une revue de presse, la Mission Interministérielle de Lutte contre la Drogue et la toxicomanie fait référence à un rapport sur la consommation des médicaments psychotropes en France.
Dans sa présentation du rapport (rapport désormais disponible sur le site de l’AN) Mme Maryvonne Briot, députée, rapporteure, a souligné que la consommation en médicaments psychotropes des Français est la plus importante de toutes celles des pays de l’Union européenne et que le montant des remboursements assurés par la sécurité sociale, pour cette catégorie de médicaments, s’est élevé à un milliard d’euros en 2004.
En effet, un Français sur quatre déclare avoir consommé au moins un médicament psychotrope au cours des douze derniers mois. Chez les plus de soixante ans, la moitié des femmes et un tiers des hommes ont pris au moins un psychotrope dans l’année. Les jeunes ne sont pas indemnes puisque une fille sur quatre et un garçon sur cinq ont consommé au moins une fois un médicament psychotrope avant l’âge de dix-huit ans.
La consommation de ces médicaments est majoritairement durable. Dans 60% des cas, elle dure depuis plus d’un an. On estime que 11% des personnes rattachées au régime général de sécurité sociale sont des consommateurs réguliers de psychotropes.
D’après l’étude évoquée par Maryvonne Briot, la grande majorité (80 %) des prescriptions de psychotropes émanent de médecins généralistes. Ce n’est sans doute pas étranger au double problème qui est posé : « En termes de santé publique, on est confronté à la fois à des problèmes de consommation pendant des durées excessivement longues et à des phénomènes tout aussi nombreux de traitements insuffisants [1]. »
Le recours aux psychotropes n’est, bien entendu, pas sans risque. Aussi, Mme Briot regrette-t-elle que « l’évaluation médicale des médicaments en situation réelle n’en soit qu’à ses débuts en France. Un meilleur usage des médicaments psychotropes en France suppose d’assurer un suivi pharmaco-épidémiologique suffisamment précis de la consommation, dans le cadre du système de veille sanitaire, mais également d’aider les médecins généralistes à assurer une prise en charge plus adéquate des problèmes psychiques de leurs patients. »
Outre cette insuffisance d’évaluation, la députée rapporteure de l’étude pointe le fait que la formation en pharmacologie des étudiants en médecine soit passée de 160 heures dans les années 1970 à 80 heures aujourd’hui et que les formations continues dépendent « encore trop souvent » des laboratoires pharmaceutiques. A ce sujet, elle estime qu’« il faudrait en confier la coordination et la validation à un organisme public dont la compétence scientifique est reconnue, telle que l’Université ».
[1] Selon l’étude moins d’une personne sur trois souffrant de dépression en France bénéficierait d’un traitement antidépresseur approprié.