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Ayant appris la mise en garde à vue de Stéphane Lhomme, porte-parole du réseau « Sortir du nucléaire », "Sortir du nucléaire", comme les Verts européens et Greenpeace, ont pris la décision de mettre le document classé secret-défense sur leurs sites internet. Les Verts français (et les sites des élus Helène Flautre, Dominique Voynet, Jean Dessessard, Yves Cochet, Noël Mamère, Martine Billard) relayent aussi ce document sur le leur.
Stéphane Lhomme [1] a été relâché dans la nuit du 16 au 17 mai après quatorze heures de garde à vue dans les locaux du commissariat central de Bordeaux. Il devrait être convoqué ultérieurement par la DST et le parquet de Paris. Les policiers lors d’une perquisition à son domicile au moment de son interpellation ont saisi deux ordinateurs et son téléphone portable.
Le document en question est un rapport d’EDF adressé au Directeur Général de la Sûreté Nucléaire et de la Radioprotection sur la capacité de résistance du réacteur européen à eau pressurisée (EPR 1) qui pourrait être construit à Flamanville (département de la Manche - France).
Ce rapport traite de la capacité de résistance de ce réacteur à un éventuel crash aérien. Il démontre que la future centrale EPR de Flamanville - tout comme la centrale du même type en construction à l’ouest de la Finlande sur le site d’Olkiluoto - ne résisterait pas à un accident ou à une attaque terroriste telle que celles perpétrées aux Etats-Unis le 11 septembre 2001 (que ce soient les risques d’impact, ou les risques d’incendie durable à la suite d’un crash éventuel aux alentours d’une centrale). Il reste assez vague quant au type d’avion pour ne pas donner "d’indication aux éventuels terroristes sur les capacités réelles de résistance".
Comme le révèle un expert cité par Greenpeace, "contrairement à l’estimation d’EDF, le « dimensionnement » de la résistance de l’EPR à une chute accidentelle d’un avion de chasse ne peut être extrapolée au cas d’un avion de ligne visant intentionnellement l’îlot nucléaire du réacteur. Ainsi, la base de l’évaluation de la résistance du bâtiment est si grossièrement simplifiée qu’elle n’est pas applicable à une situation réelle d’impact."
"Finalement, je ne suis pas surpris des remous provoqués au sein de l’industrie nucléaire française par la divulgation de ce document [...] parce qu’il dévoile ce qui ressemble à un manque quasi total de préparation pour se prémunir d’une attaque terroriste. De plus, EDF affirme ne pas se considérer comme responsable de la protection de son installation contre l’ensemble des actes terroristes imaginables, ceci ne relevant que de la seule responsabilité de l’Etat français."
[1] Stéphane Lhomme avait déjà été arrêté plusieurs fois lors de ses luttes contre le lobby nucléaire. Il a déjà écrit sur Citron Vert.